Pour viser une parité homme-femme sur les conseils
d’administration, il existe différentes mesures qui peuvent être prises, allant
de la promotion
à la législation. Parmi toutes ces mesures, celle qui semble le plus
controversée est sans aucun doute l’adoption par certains pays de quotas
obligeant les entreprises à avoir un nombre minimum de femmes sur leur CA.
Présentement, 5
pays auraient mis en place ce genre de mesures, soit la Norvège, la France,
la Belgique, l’Islande et le Rwanda. Si on prend l’exemple de la France, la loi
Copé-Zimmermann,
passée au début 2011, fixait un quota à atteindre de 20% en 2014 et de 40% en
2017. À la fin de 2011, on pouvait déjà voir que le nombre de femmes avait
atteint le chiffre de 20%,
alors qu’il était de 15% à la fin de 2010. En 2013, on estime qu’environ 28%
des sièges des CA des entreprises concernées par cette loi étaient occupés par
des femmes. Il est important de souligner que des sanctions pouvaient être
appliquées aux entreprises ne respectant pas le quota imposé. La plus
importante des sanctions est sans doute celle suspendant la rémunération des
administrateurs jusqu’à ce que le quota soit respecté.
Que nous soyons d’accord ou non avec l’imposition de tels
quotas, on ne peut nier le fait que le nombre de femmes aux CA a effectivement
augmenté. Que pensez-vous de ces mesures? Est-ce que l’État devrait intervenir
directement en imposant des quotas ou devrait-il simplement établir des
objectifs et des mesures d’amélioration? Pour ma part, je ne crois pas que les
quotas soient la meilleure solution pour remédier à ce problème de
sous-représentation. En effet, même si cela représente un moyen rapide
d’augmenter le nombre de femmes dans les CA, cela ne règle pas vraiment les
obstacles responsables du problème. Ainsi, je crois qu’il appartient plus aux
gestionnaires et actionnaires d’agir pour que les choses changent réellement.
Il appartient donc à eux de mettre en place dans leur entreprise des moyens
pour favoriser la nomination de femmes dans le CA et pour mettre fin aux
préjugés. De plus, bien souvent, le fait d’avoir une femme sur le CA peut finir
par provoquer un effet d'entraînement à long terme et faire en sorte d’ouvrir
la porte à d’autres femmes. Par contre, cela peut prendre plus de temps.

